Histoire de la Commune

Iguerande et son passécpa gare
Origines du nom Iguerande
La préhistoire
L'époque romaine
le moyen âge
Iguerande en 1856
Iguerande en 1904
Généalogie

Cartes postales anciennes
Liens utiles


IGUERANDE ET SON PASSE

Texte extrait du livret écrit par Gabriel BACHELET
(quelques exemplaires sont disponibles à la Mairie)couverture ouvrage iguerande et son passé

Préface de F. COUTURIER, ancien Maire d’Iguerande et Conseiller Général

1977-1978, durant deux années les travaux de restauration extérieure et intérieure de notre Eglise romane du XIIe siècle se sont poursuivis sans discontinuité, travaux surveillés avec une attention toute particulière par monsieur Michel JANTZEN, architecte en chef délégué des Monuments Historiques.

Alors, j'applaudis à l'initiative de monsieur Gabriel BACHELET, instituteur et conseiller municipal d'Iguerande, qui retrace, dans ce petit opuscule, l'histoire de notre église, bien sûr, mais aussi l'histoire de notre Commune. Regroupant divers extraits de brochures cités en référence à la fin de l'ouvrage, Monsieur BACHELET, passionné d'archéologie, a fait un exposé simple, objectif et bien documenté.
Qu'il en soit félicité. Nous lirons tous avec plaisir ce merveilleux petit ouvrage agrémenté de gravures particulièrement choisies.

Iguerande est un des lieux les plus chargés de passé dans le Brionnais. Ses positions frontalières et fluviales en ont fait une région très fréquentée par les hommes à toutes les époques. Après quelques recherches, j'ai essayé de reconstituer quelque peu le passé de ce village. Il y a certainement beaucoup d'oublis, des imperfections et peut-être même quelques erreurs. Il n'a pas toujours été possible de tout vérifier.

Les origines du mot Iguerande

Avant d'aborder les origines du mot Iguerande, il semble amusant de noter les différentes mentions faites dans les documents anciens : IGUERANDA,IGRANDE, HYGRANDES, HYGUERANDE, HIGUERANDE, AIGUERANDE, AYGRANDE, INGRANDE, YGUERANDE. Le larousse des noms de lieux fait remonter la première mention de la commune vers 867 sous le nom de VUIRANDA.

Iguerande trouve peut-être l'origine de son nom dans le latin AQUA GRANDIS qui signifie grandes eaux. Une autre origine très vraissemblable serait qu'Iguerande est un dérivé du mot composé EQUORANDA. Le sens primitif de ce mot paraît être "limite d'eau", le second terme randa (limite) est celtique, le premier, peut-être apparenté au latin aqua, serait italo-celtique ou ligure. Une origine celtique serait une transformation de Liguerande, de liger (loire) et Ande ( du nom des celtes : les Andes qui habitaient notre région le long de la loire). J'ai trouvé une origine légendaire peu vraisemblable, mais plaisante : des cavaliers, de passage à Iguerande, auraient dit : "que cette île est grande!", d'où le nom d'ILE GRANDE.

La préhistoire

A l'époque préhistorique, Iguerande était occupé humainement comme le prouvent les restes trouvés dans la vallée de la loire ou sur les collines. Lors de l'établissement de la voie ferrée, en 1880, l'excavateur a extrait deux défenses de mammouth (elephas primigenius) et plusieurs dents de ce mammifère; une de ces dents a pesé sept kilos. Les défenses reconstituées auraient une longueur de trois mètres, ce qui peut donner une petite idée de la taille de cet animal. Au cours de ces mêmes travaux, on a mis à jour des ossements et des bois de cerf, un des bois a été taillé par l'homme. Aus pesselles, un peu plus loin, une hache polie en Porphyre vert a été déterrée.

Plus recemment, des sondages ont été effectués par le docteur Perrève dans un champ Outre-Loire. Il semblerait qu'il y ait eu le plus important site trouvé dans la région. Il daterait d'environ 50 000 ans (période moustérienne). Il a été trouvé à la surface de nombreux éclats de silex et des outils.

Aux Pesselles, aux Grandes Varennes, aux Têtes, à Chérie, il a été trouvé quelques outils et des éclats de silex probablement mousteriens.

A la carrière Berthelier, à Lapillonne, ont été trouvés quelques outils dont un biface certainement très ancien (plus de 100 000 ans). On peut le voir dans une vitrine du musée Déchelette, à Roanne. Il daterait de la période acheuléenne.

Toutes ces trouvailles montrent que l'homme s'était établi à Iguerande. Il y a très longtemps et que notre région devait être animée par des troupeaux de bêtes aux formes gigantesques.

L'époque romaine

A l'époque gauloise, Iguerande fut une cité du pays des Brannovii dont parle César. Les Brannovii ont donné le nom au Brionnais. Ils occupaient l'actuel Brionnais et une partie du département de la loire jusqu'à Charlieu et Briennon. Ils sont à l'origine des noms de Briant et Briennon.

Les romains se sont installés à Iguerande et ont dû y fonder de nombreuses villas. En effet, les déblais des travaux du chemin de fer ont rendu beaucoup de médailles en argent et en bronze de Vespasien (empereur romain de 69 à 79) et d'Antonin-le-Pieux (empereur romain de 138 à 161)...Ils ont permis aussi la découverte de cases et poteries sigillées de la même époque. Les romains s'étaient installés dans cette région fertile traversée par une grande voie romaine de Roanne à Autun. Une voie qui allait de Roanne à Avrilly passait certainement rive gauche.

Le moyen âge

Au cinquième siècle, les francs envahirent le Gaule et chassèrent les romains. Iguerande, placé sur les confins du Forez et du Brionnais, faisait partie de la Bourgogne et fut longtemps un sujet de dispute territoriale et administrative entre les seigneurs de ces deux pays. Les documents manquent pour connaître les limites à cette époque. Au dixième siècle, Iguerande semble avoir fait partie du Comté du Forez.

Les démêlés étaient nombreux entre les seigneurs de Semur et les Comtes du Forez. La solution de ces démêlés, qui se terminaient souvent par le choc des armes, n'était pas sans intérêt pour les populations; tel seigneur dont elles cessaient d'être vassales, les avait quelquefois affranchies, tandis que la servitude était en vigueur chez le seigneur sous les lois duquel elles passaient.

Au douzième siècle, il existait un pont à Iguerande, ce pont devait être situé en aval du pont actuel aux environs du bief de vidange du canal. Un bac traversait la Loire à La Marjolaine; ce bac a du être transféré au Bas après la disparition du pont.

Au quatorzième siècle, il y avait trois châteaux dont on ne connaît plus l'emplacement : LA MOTTE-CRAU, MONTFORMIER, LA FORET (ils devaient être situés aux Lavals, à Montfermier, à la Forêt).

Le château du PALAIS faisait alors partie d'Iguerande et relevait du Baron de Semur en 1280.

Au bas était le château occupé par les religieux bénédictins et qu'on appelle encore le Prieuré. Au onzième siècle, Geoffroy de Semur donna au prieuré son domaine de Charency. Ses successeurs contestèrent cette donation. En 1290, Le seigneur de Semur passa avec le prieuré de Marcigny un traité où il fut stipulé que le seigneur de Semur et ses successeurs auraient le droit de garde dans la paroisse d'Iguerande, mais qu'ils devaient renoncer à leurs prétentions sur la haute justice et la perception de certaines amendes sur les habitants d'Iguerande.

Dans un texte du douzième siècle, il est fait mention de 3 églises à Iguerande à l'époque carolingienne. Et c'est au onzième siècle qu'à été construit le plus ancien monument qui nous reste : l'église.


IGUERANDE EN 1856
D'après l'ouvrage de M. Monnier (Description des communes du Brionnais en 1856, hameaux et écarts - 1 myriamètre = 10,000 m = 10 km)

A 8 kil. de Semur ; 3 myr. 9 kil. de Charolles ; 10 myr. 7 kil. de Chalon ; 8 myr. 7 kil. de Mâcon. -Hab. 1750 ; maisons 364 ; mén. 416. -Sup. 2143 hect. dont 1263 en terres lab., 211 en prés, 250 en vignes, 215 en bois. -2 moulins, 4 fours à chaux. Carrières en grande exploitation dans le voisinage du canal latéral à la Loire et sur la route départementale n° 15. -1 débit de tabac et de poudre. -1 notaire. 1 -école communale. -Eglise, voc. St-Marcel. -1 sage-femme. -Perception et bureau de poste de Semur-en-Brionnais.
Traversé par la route départementale de Digoin à Roanne. -Le château fort de Troncy, qui était situé sur la montagne de Fleuriat, a été détruit dans le quinzième siècle ; il en reste quelques ruines.

Hameaux : le Bas-d'Iguerande, les Bouillards, Chassereux, le Dépôt, les Fleuriats, la Forêt, les Grandes-Varennes, les Lavals, la Marjolaine, Mont-Guillard, Outre-Loire, le Perret, les Pécelles, les Petites-Varennes, la Rivière, la Rivolière, Sarrancy, la Sourde, les Têtes.

Ecarts : Chérie, St-Marcel, le Treuil.


IGUERANDE EN 1904
Monographie des communes du Charollais et du Brionnais, volume II,
par le Frère Maxime Dubois (1904)

1642 habitants. Poste et gare de la localité, à 13 kilomètres de Marcigny et à 36 kilomètres de Charolles. Superficie: 2146 hectares, dont 1022 en céréales et cultures, 415 en vignes, 510 en prairies et 199 en bois. Bon vin ; les meilleurs sont à la Rivière, à Charancy, aux Perrières. Commerce de vins, de bestiaux, de chaux et de pierres à bâtir. Tissage de la soie. Fours à chaux. Huilerie. La commune est traversée par la Loire et le canal de Roanne à Digoin. Beau pont de pierre sur la Loire. Eglise du XII° siècle. Ruines du château de Troncy-sur-la-Montagne de Fleuriot détruit au XV° siècle.

Iguerande (Aqua Grandis), est bâti sur une épaisse couche de terrain diluvien qui atteint jusqu'à dix mètres de profondeur. Lors de l'établissement de la voie ferrée, l'excavateur en a extrait deux défenses de mammouth (Elephas Primigenius) et plusieurs dents, de ce mammifère, dont une, seule a pesé plus de sept kilos. Les défenses reconstituées auraient une longueur dépassant trois mètres. Le même terrain a rendu des ossements et des bois de cervidés, un d'eux est même taillé de main d'homme. Une hache polie en porphyre vert a été trouvée à peu de distance de la gare, à Pesselle. Cette région baignée par un grand fleuve dut être recouverte d'une végétation luxuriante et animée par des troupeaux de bêtes aux formes gigantesques. Nos ancêtres y établirent probablement leurs demeures. Les Romains attirés par la beauté du site et la fertilité du terrain y fondèrent de nombreuses villas. Les déblais des travaux du chemin de fer ont rendu beaucoup de médailles en argent et en bronze de Vespasien, d'Antonin-le-Pieux, etc., ainsi que des vases et des poteries sigillées. [L. Perdu. Découvertes archéologiques sur la ligne de Roanne à Paray. Bul. Diana, t. VIII.] Dans cette localité, trois châteaux y subsistaient au XIV° siècle. On n'en connaît plus l'emplacement. Ces châteaux portaient les noms de : La Motte-Crau, Montfornier et la Forêt. Celui du Palais fut brûlé par les Reîtres en 1676. Le Palais est appelé Châteaufort en 1396. Il releva de Marcigny en 1280, puis du roi comme baron de Semur au XVIII° siècle. Pierre de Luzy, bâtard d'Oyé, ayant épousé Antoinette du Palais, avait été seigneur du lieu en 1418. Il devint panetier du duc Philippe le Bon en 1419. An bas du village était le château occupé par les religieux Bénédictins et qu'on nomme encore aujourd'hui le prieuré.

Eglise d'Iguerande : Le territoire d'iguerande est situé sur les anciennes limites du Forez et du Brionnais. Au X° siècle, il parait avoir fait partie du comté de Forez, de même que Saint-Julien-de-Cray [Ragut. Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, app. p. XVI]. On sait d'ailleurs combien les limites de ces deux circonscriptions étaient mal déterminées à l'origine et l'on connaît les différends qui surgirent à ce sujet entre les comtes de Forez et les barons de Semur. La prieure de Marcigny, dit Courtépée était dame du clocher de Saint-André d'Iguerande, depuis l'échange qu'elle en fit à la fin du XI° siècle avec saint Hugues contre la seigneurie de Bergé-la-Ville. Cette église était celle d'un petit prieuré de moines Bénédictins, déjà détruit à l'époque de la révolution. Courtépée signale à Iguerande une autre chapelle, dédiée à saint Marcel et qui aurait été l'ancienne église paroissiale ; elle a été détruite au commencement de ce siècle. La première mention de l'église d'Iguerande date du début du XI° siècle [Cartulaire C. de l'abbaye de Cluny, fol. 24, col. 2]. Le plan de Saint-André d'Iguerande est celui d'une église à trois nefs, interrompues par un transept faisant saillie à l'extérieur. La nef centrale se termine par une abside en hémicycle, les nefs collatérales par des absidioles. Le clocher s'élève au-dessus de la croisée du transept. La nef centrale voûtée, à plein cintre, renforcée d'arcs doubleaux, communique avec les collatéraux par des arcades séparées par arcs doubleaux plein cintre. L'aspect de l'église est massif, trapu. La nef est divisée en trois travées, par deux rangées de piliers carrés dont chaque face est contournée d'une colonne engagée. Des pilastres appliqués contre le mur reçoivent les retombées des arcs doubleaux. Les chapiteaux des colonnes paraissent dater de la fin du XIII° siècle. La croisée du transept est voûtée par une belle coupole octogonale sur trompes en cul de four. Les croisillons sont voûtés en berceau plein cintre. L'abside est éclairée par trois larges fenêtres, plein cintre ébrasées. Les absidioles n'ont qu'une ouverture. Une seule toiture à deux rampants posée directement sur les reins des trois voûtes de l'église recouvre les trois nefs, peu différentes de hauteur. Au centre de la façade est percée une baie plein cintre. Elle est amortie d'un linteau qui supporte un tympan appareillé. Les pieds droits qui supportent le linteau sont des demi-colonnes engagées, comme à la porte de la façade de Châteauneuf. Les motifs qui décorent les chapiteaux sont empruntés au règne végétal et paraissent dater du XI° siècle. La sculpture est plutôt en creux qu'en relief. Au-dessus de cette porte, est une longue baie en plein cintre fortement ébrasée. Trois énormes contreforts en talus ont été ajoutés, au XIX° siècle, à l'église. La corniche du toit est soutenue par des modillons très simples non sculptés. Celle de l'abside possède des modillons dont les sculptures sont des têtes d'hommes ou d'animaux grimaçants et des motifs de feuillage. Le clocher carré, massif et trapu est divisé en deux étages. Le premier étage est percé de deux fenêtres plein cintre au nord et au sud. L'étage supérieur est orné sur chaque face de doubles baies jumelles amorties en plein cintre dont les retombées portent sur des colonnettes. Chacune de ces baies géminées divisée par un système de deux colonnettes placées l'une derrière l'autre, s'ouvre dans un encadrement, en plein cintre doublé dont les archivoltes sont ornées de gros tores. La toiture est une pyramide à quatre jours. La construction de l'église d'Iguerande, faite en grand appareil ne présenta pas les arcatures lombardes des édifices du Brionnais. Elle parait dater de la fin du XI° siècle ainsi que le prouve l'absence au fond du chœur d'une décoration d'arcature retombant sur des pilastres ou des colonnettes.


Généalogie

En 2008, l'Association "Ceux du Roannais" a dépouillé l'Etat civil de la Commune pour les années 1671 à 1788. Outre les renseignement familiaux qu'ils peuvent fournir, ces registres nous renseignent sur la société de l'époque, les métiers exercés. Ils peuvent être consultés à la Mairie.


Liens utiles

 

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